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Jardim das Delícias


Sexta-feira, 20.07.18

Ysrael, you have a problem - Valdemar Cruz

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Valdemar Cruz  Ysrael, you have a problem

 

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Expresso Curto, 20 de Julho de 2018

 

Ainda no mundo ecoavam os festejos do centenário do nascimento de Nelson Mandela, e já Israel concretizava no Parlamento – Knesset – a ameaça esboçada ao longo dos últimos tempos de aprovar a lei do Estado Nação do povo judeu, através da qual legaliza, de facto e de jure, um regime comparável ao “apartheid”, como afirmaram alguns deputados da oposição. Ao reservar em exclusivo para os judeus o direito à autodeterminação e ao estabelecer o hebreu como única língua oficial, Israel institucionaliza a discriminação em relação aos palestinianos, uma situação muito bem documentada, mesmo antes desta lei, pelo Departamento de Estado dos EUA e outras organizações independentes de âmbito internacional, como estruturas da ONU.


Aprovado com oito votos a favor e sete contra, o novo texto, que torna legaliza a discriminação de quem não é judeu, reconhece o direito à autodeterminação, mas apenas a uma parte da população constituinte do estado de Israel. Tal como está escrito, “o direito a exercer a autodeterminação nacional no Estado de Israel é um exclusivo do povo judeu”. A importância e o significado da nova lei, na qual tanto apostou o primeiro-ministro Benjamin Netanyahu, resulta da circunstância de passar a formar parte das chamadas leis básicas, que regem o sistema legal como se fossem a Constituição que Israel não tem. Logo, são mais difíceis de revogar e só podem ser alteradas por uma norma do mesmo nível.


Israel sempre se definiu como um Estado judaico. Alguns deputados contrários à aprovação da lei sublinharam o facto de, tal como acontece, de resto, na declaração de independência de Israel, em nenhum momento se mencionar a palavra “democracia”, nem a palavra “igualdade”. Desse ponto de vista, o texto é coerente com a prática quotidiana de uma política de Estado assente na discriminação das minorias não judias, com destaque para os quase 20% de cidadãos que constituem a população de árabes israelitas.


Observadores internacionais têm sublinhado que esta é uma forma de cilindrar a ideia de que Israel possa ser o país de todos os seus cidadãos, como se confirmou no mês passado, quando uma proposta naquele sentido nem sequer foi admitida a discussão na Knesset.


A caminho de se tornar cada vez mais um estado étnico, Israel está a fazer tudo para tornar irreversível a impossibilidade de concretização da ideia de dois estados com uma única capital. Num dos pontos da nova lei sublinha-se que a capital de Israel “é Jerusalém completa e una”. Esta é uma longa batalha que tem vindo a ser travada por Netanyah, ao ponto de, no jornal inglês The Independent, o colunista Ben White perguntar “Porquê agora?”. Responde dizendo que um dos fatores passa por Netnyahu estar a pensar em prováveis eleições ainda este ano e querer assegurar o pleno dos votos à direita.


As condenações internacionais têm-se sucedido. Em linha com a posição da União Europeia, Augusto Santos Silva, Ministro dos negócios Estrangeiros, reprovou a aprovação da nova lei, que considerou “muito pouco compreensível” à luz da história do povo judeu.


Uma das questões que agora se coloca passa por saber se pode um estado, escudado na circunstância de cumprir algumas formalidades da democracia, persistir na concretização de todo um conjunto de políticas de cariz antidemocrático sem uma condenação firme e eficaz da comunidade internacional. É a diferença que vai entre murmurar-se que há um problema chamado Israel, e dizer frontalmente a Israel que tem um problema: com a democracia, com os direitos humanos, com o respeito pelas minorias. Ora, isto na verdade não é um problema. É um oceano de problemas, do qual é indispensável tirar as devidas ilações e desencadear as inevitáveis consequências.

 

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por Augusta Clara às 15:58

Sábado, 08.12.12

Main basse sur la ville de Bombay - Cléa Chakraverty

 

Tiranos e tiranetes pelo mundo fora. Quem mudou o nome de Bombaim?

 

Jusque dans la mort, le patron du parti ultranationaliste Shiv Sena aura réussi à ridiculiser la démocratie indienne. Bombay(Mumbai), la ville qui « ne dort jamais », et ses vingt et un millions d’âmes se sont pourtant bel et bien endormies ce samedi 17 novembre. Tandis que Bal Thackeray s’éteignait à 86 ans, entouré de sa famille, la capitale commerciale de l’Inde s’est comme arrêtée de respirer.

Centres commerciaux, magasins de proximité, échoppes ambulantes, écoles, cinémas: aucun établissement n’a résisté à l’annonce officielle de sa mort. Concerts et mariages ont été annulés. Un vent de panique a également saisi les aéroports : les quelques taxis circulant exigeaient cinq fois la course ; certains ont été passés à tabac par des collègues furieux de les voir travailler. Les seuls transports disponibles furent les trains et les bus... afin de se rendre aux funérailles. Dans la rue, des partisans du Shiv Sena circulaient à moto, s’assurant que les boutiques étaient bien fermées.

Thackeray n’était pourtant ni un Prix Nobel de la paix, ni une star de Bollywood, encore moins un joueur de cricket. Né en 1926, caricaturiste de presse dans les années 1960, il a convaincu les syndicats ouvriers par son humour, ses idées populistes et son discours radical. Face aux discriminations, réelles ou supposées, que subissaient les travailleurs marathes (originaires du Maharashtra, la région où se situe Bombay), la violence constituait le seul recours. Ses dessins de presse rencontraient un vif succès. Il se lança alors en politique. En 1966, cinq cent mille personnes se sont rendues au parc Shivaji, rassemblement constitutif de la création du parti Shiv Sena, où « le tigre » a été incinéré devant près de deux millions de personnes ce dimanche 18 novembre.

Dans les années 1970, il entreprit une campagne de haine à l’encontre des communistes, qui se solda par le meurtre du charismatique et brillant syndicaliste Krishna Desai, puis contre les Indiens du Sud, nouvellement immigrés à Bombay et occupant des postes d’employés, jalousés par de nombreux Maharashtriens. Le Shiv Sena, « l’armée de Shivaji » (du nom du guerrier et fondateur de l’Empire marathe du XVIIe siècle), était en marche. Thackeray prit pour cible le Pakistan, puis la population musulmane, prônant le discours du mouvement fondamentaliste hindou, hindutva. En décembre 1992, lorsque les émeutes interreligieuses éclatèrent, ses discours incendiaires semblent avoir été suivis à la lettre [Rapport de la commission d’investigation, Srikrishna Commission, suite aux mouvements de contestation à Bombay qui eurent lieu entre 1992 et 1993.]]

Dans les années 2000, les immigrés du nord de l’Inde (Bihar, Uttar Pradesh), chauffeurs de rickshaw ou de taxi, vendeurs de lait et de légumes, devinrent les boucs émissaires de l’idéologie de Thackeray et de sa famille. Le patriarche a créé un parti de goût douteux. Se faisant appeler « suprêmo » ou « le tigre », il était toujours représenté accompagné d’une image de tigre menaçant (symbole du parti), portant des lunettes opaques, assis sur un trône. Il ne cachait pas non plus sa fascination pour Adolf Hitler.

En Inde, toute bonne entreprise est évidemment dynastique. Ainsi, en 2010, M. Aditya Thackeray, 20 ans, étudiant en licence d’histoire à la prestigieuse université de Bombay et petit-fils du fondateur du parti, a réussi à faire interdire de son cursus le roman « Such a Long Journey », de Rohinton Mistry, sous prétexte que les « Maharashtriens y étaient malmenés » (The Guardian, 19 octobre 2010). L’auteur, les médias et de nombreux enseignants, en Inde comme à l’étranger, ont eu beau protester : l’ouvrage n’est désormais plus au programme.

Le Shiv Sena est devenu rapidement incontournable dans la gestion de la ville. Grâce à un puissant jeu d’alliances, il tient aujourd’hui un tiers des sièges municipaux. Avec ses partisans, il a même réussi, en 1995, à rebaptiser officiellement la ville en Mumbai. Telle fut l’emprise de Thackeray sur la ville jusque dans sa mort. Deux jours avant son trépas, très affaibli, il a vu défiler à son chevet les plus grandes stars de cinéma de Bollywood. Respect ? Amitié ? Peut-être. Mais, surtout, l’assurance de tournages et une relative sécurité, toutes deux impossibles sans l’accord des syndicats tenus par... le Shiv Sena lui-même [1].

Les médias, eux, se sont gardés de tout commentaire pouvant être perçu comme négatif. Les discussions en public se font à voix basse, le regard en coin. Lundi 19 novembre, les réseaux sociaux Twitter et Facebook paniquent : Mlle Shaheen Dhada, une étudiante de 21 ans, et une amie ont été frappées, puis arrêtées pour avoir critiqué l’engouement exagéré autour de la mort du chef du parti. Si elles ont été relâchées contre caution, la clinique de l’oncle de l’une d’entre elles a été vandalisée par des travailleurs du parti, les Shiv Sainiks. Coïncidence ? Mlle Dhada porte un nom musulman. Si les agresseurs de son oncle ont finalement été appréhendés, la police locale a tout de même reproché à Mlle Dhada d’avoir failli « provoquer des émeutes religieuses ». Un raisonnement similaire circule dans les médias et parmi les habitants. On loue la mort naturelle du vieux politicien, de crainte qu’une vague d’assassinats plonge la ville dans de nouvelles émeutes sanglantes.

Aujourd’hui, les spéculations vont bon train concernant la succession de Thackeray. D’un côté, son fils Uddhav est à la tête du Shiv Sena. De l’autre, son neveu Raj Thackeray a fondé le Maharashtra Navnirman Sena (MNS ou armée de réformation maharashtrienne), issu d’une scission avec le Shiv Sena. On présente ce dernier comme le réel successeur idéologique du « tigre ».

Le lendemain des funérailles, le porte-parole du Shiv Sena assurait que jamais l’appel « à la grève générale » n’avait été donné — l’opération ville morte serait ainsi née spontanément. Aujourd’hui, Bombay semble émerger d’un cauchemar. Les activités quotidiennes reprennent, comme si rien n’avait eu lieu. Pourtant, une indéfinissable sensation de malaise persiste. L’exécution du condamné à mort Mohammed Ajmal Amir Kasab, seul survivant du groupe terroriste Lashkar e-Taiba ayant participé aux attentats de novembre 2008 [2], est déjà officiellement célébrée, par certains, comme un hommage à la mémoire de Thackeray. Et il est difficile d’ignorer les centaines de portraits du fondateur du Shiv Sena qui ornent encore chaque coin de rue.

 

vendredi 23 novembre 2012

Notes

[1] Lire Maximum City, de Suketu Mehta, Buchet-Chastel, Paris, 2004.

[2] Wendy Kristianasen, « Plongée au cœur de l’Inde musulmane », Le Monde diplomatique, janvier 2009.

 

(publicado num dos blogs do Diplo - Planète Asie)

 

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por Augusta Clara às 16:00



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